L’année suivante « I am the only one » Avec un premier long métrage peu bavard et pourtant, Isabelle Czajka nous emmène dans une banlieue que l’on ne connaissait pas, celle où les grands ensembles gris font face aux immenses centres commerciaux. Là où finalement personne n’existe, pas même Emmanuelle qui finit par s’effacer sur le banc d’un de ces temples de la consommation. En témoigne cyniquement le cimetière juste à côté du Carrefour rappelant la non-importance de la vie à l’heure actuelle. La réalisatrice nous offre alors une vision lucide de la société dans laquelle nous vivons, où consommation rime avec consolation. Ce coté déshumanisé se ressent dans la solitude qui accompagne ce film, solitude suggérée par le récit de l’héroïne à la troisième personne, une manière pour elle de se détacher de son propre corps. Cette jeune lycéenne en plein deuil de son père et par la même occasion de celui de sa mère peine à trouver une place dans ce monde marchant où l’être humain doit faire face à la vacuité de la vie. Avec beaucoup de talent, Isabelle Czajka signe ici un film très noir où les seuls sourires qui se dessinent sur le visage d'Emmanuelle apparaissent lorsqu’elle trouve le réconfort auprès d’Aïssa et de sa famille malienne. La réalisatrice attaque alors avec ingéniosité cette société qui exclue l’être humain. L’isolement du personnage principal, suggéré par de nombreux plans dépourvus de profondeur devient de plus en plus palpable au cours de ce film merveilleusement interprété par la jeune Anaïs Demoustier. L’année suivante vient chercher nos émotions par la réalité des mots, des sentiments, des vies. Enfin un film qui a quelques choses à dire !