RESISTANCE IS FUTILE "Son avenir (à la Wii), je le vois comme son présent : un ou deux bons jeux par an, rien que des catastrophes expédiées à côté (...). Elle n'a plus aucun intérêt pour les vrais joueurs." Poischich, rédacteur en chef adjoint de Gamekult.com "SimCity Sociétés représente parfaitement ce vers quoi tend doucement l'industrie vidéoludique : des jeux faciles à prendre en main, accessibles à tous, des jeux sans sel ni saveur, des jeux fast-food, vite essayés, et vite jetés." L'équipe de simcitysocietes.coms " - We’re making Silent Hill 5 for next-gen consoles. Are there any other platforms besides that? [laughter] - There’s the Wii. - Ah, the Wii. Wiiiiiiiiii… Silent Hill Wii. Can we do it? Will players like it? (...) Yeah, there's potential. - But no plans. - No plans. The Wii user isn’t a hardcore user." Akira Yamaoka, sound designer de Silent Hill 5. La presse est formelle, les spécialistes sont catégoriques : le jeu vidéo est en danger. Sachez-le, vous qui avez tenu une manette entre les mains, ces derniers temps : vous pourriez ne plus jamais en reprendre. Une menace approche, elle est désormais identifiée, elle s'est installée dans l'indifférence de la masse, et à présent, lentement mais sûrement, elle prend le contrôle. Son ascension est irrésistible. Elle a déjà sorti un constructeur des limbes en consacrant ses honteuses machines comme les premières consoles du marché, devant celles qui le méritent. Comment osent-ils ? Regardez-les, derrière leurs rides innocentes, sous leurs petites couettes blondes, du haut de leurs honnêtes cravates, avoir petit à petit la peau du jeu vidéo, afficher le rictus convaincu de la populace aculturée, de la grande scatophile, du dictateur totalitaire béni du marché ! Les joueurs, les vrais, les purs, un peu partout ont fini par enfin les montrer du doigt, mais il est déjà trop tard. Le jeu vidéo va devenir tel un vulgaire bac de disques à l'Espace Culture du Leclerc, couvert de cette peste purulente qui étouffe tout espoir, qui occulte toute lumière. Le jeu vidéo va mourir, ses assassins sont parmi nous, et ils le resteront à jamais. Maudits soient les CASUALS ! ...eux qui ne savent même pas ce que ça veut dire. Vous faites fausse route. La menace, les scatophiles, les assassins, ce ne sont pas les petites filles, les trentenaires cadres supérieurs ou les grands-mères bienveillantes. Pas ces gens-là, voyons, a t'on seulement la preuve qu'ils fassent tous comme dans la pub, qu'ils se dandident tous sur place à la vue d'une balance branchée à la télé, ou qu'ils se mettent à faire de la tecktonik en chemise blanche ouverte dès qu'ils ont allumé leur iPod ? Oh non ! Ne cherchez pas plus loin, les seuls méchants à bord, c'est nous. Pas les "casuals" : Les HARDCORE CASUALS. Mouah ah ah ah, vous ne le soupçonniez pas hein ? Pensez-vous : ici, on a des mecs qui galèrent au New Super Mario Bros., d'autres qui ne peuvent plus saquer le moindre jeu titrant au-dessus de dix heures de durée de vie, au fond j'en vois un qui n'a plus acheté de console depuis sa Dreamcast, derrière moi y'en a même qui n'ont PAS DE CONSOLE CHEZ EUX. C'est nous les petits joueurs, les affreux à cause de qui les party games et les simus de plongée se vendent, les fielleux qui se la ramènent alors qu'ils n'achètent de jeu qu'une fois tous les trois mois, quand ce n'est pas une fois tous les six. Raggal fait pipi dans sa culotte rien qu'à notre évocation. Trazom se roule par terre et pousse des cris suraigus en songeant à ce que serait le monde s'il n'était peuplé que de cinglés comme nous. En revanche, à Gamerama ils s'en foutent, c'est normal, c'est pas comme s'ils aimaient les jeux vidéo. Mais nous, est-ce qu'on l'aime, le jeu vidéo ? Franchement, à votre avis ? Bien sûr que oui ! C'est pas parce qu'on a pas au moins deux consoles récentes à la maison que l'on ne sait pas les apprécier. D'ailleurs, vous avez sans doute compris, ce titre d'"Hardcore Casual", c'est de la pure déconnade pour tromper le chaland. Il n'y a pas à distinguer d'"hardcore" ou de "casual", il n'y a que des joueurs ; peut-être certains auraient tendance à l'oublier, que ce soit parmi les joueurs, les journalistes ou même les développeurs. Nous sommes là pour le rappeler. Découvrez - ou redécouvrez - donc les affres du "petit jeu", qu'il soit un freeware indé à lancer entre deux fenêtres de tableur, ou un futur classique encore dénichable dans les marchés de l'occase, voire un jeu que vous avez déjà, qui prend injustement la poussière et qui n'aurait besoin que d'un peu de remotivation de votre part pour revoir la lumière du jour.